Quand il était adolescent, Jordan Boesch était un « artiste du sandwiche » dans un restaurant à service rapide renommé, une expérience dans une entreprise familiale qu’il a quittée en 2014 pour fonder 7shifts, une compagnie qui offre ses services dans l’ensemble de l’Amérique du Nord. En termes simples, 7shifts est une plateforme web et mobile de communication et de gestion des horaires pour les restaurateurs. Elle fournit des outils pour gérer les horaires et le coût de la main-d’œuvre, entre autres fonctions.
Économiser du temps et de l’argent
7shifts, mais aussi d’autres programmes comme HotSchedules, propose aux restaurateurs et aux gestionnaires une expérience simplifiée en libre-service pour répondre aux problèmes récurrents, et parmi les plus exigeants, auxquels il faut faire face pour la gestion de la main-d’œuvre, des horaires et de la dotation en personnel.
Ces programmes peuvent permettre aux exploitants d’économiser énormément de temps et d’argent selon Jordan Boesch, et leur permettre de maîtriser leurs objectifs en termes de main-d’œuvre. « Notre plateforme donne à un gestionnaire la possibilité de voir en temps réel s’il va dépasser ou respecter le budget qu’il s’est fixé pour le personnel », déclare Jordan Boesch, en ajoutant que le système 7shifts permet de prévoir à la fois les ventes et les coûts.
7shifts aide aussi les employés à communiquer avec le gérant et à envoyer des commentaires sur leur période de travail. « Si je devais tout résumer, je dirais que nous ne sommes pas seulement une plateforme pour les gestionnaires, mais aussi pour les employés en les aidant à s’engager davantage dans l’entreprise. »

Démêler le chaos des horaires
Jordan Boesch a vécu de près le chaos du processus d’attribution des horaires. « Il y avait toujours beaucoup de mémos collés et de papiers partout, ainsi que des notes manuscrites concernant des échanges d’horaires ou les disponibilités des employés. Cela m’a donné l’idée d’améliorer la situation. »
La gestion de la main-d’œuvre est un point central des plateformes comme 7shifts, et Jordan Boesch insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas simplement de faire venir suffisamment d’employés aux bons horaires. « Nous utilisons les données de l’historique d’un point de vente (PDV) et nous examinons les renseignements météorologiques et la saison. Nous prenons en compte toutes ces variables qui pourraient avoir une influence sur la quantité de travail nécessaire pour satisfaire la demande dans votre établissement pour une période donnée. Nous établissons cela pour chaque restaurant, et on peut ensuite ajuster selon les besoins et selon ces informations. »
En coulisse, comme dans la plupart des technologies actuelles, il y a l’apprentissage machine, c’est-à -dire les algorithmes et les modèles utilisés par le système permettant d’améliorer ses prévisions au fur et à mesure. L’entreprise s’appuie sur le travail de ses propres équipes d’apprentissage machine et de traitement scientifique des données qui optimisent l’utilisation de divers paramètres tels que la météo et les saisons, mais aussi le niveau de compétence des employés. Le résultat, c’est moins de temps perdu à établir les horaires de travail et plus de temps consacré à travailler avec le personnel, à pousser les ventes, et donc à augmenter les profits.
« Il y avait toujours beaucoup de mémos collés et de papiers partout, ainsi que des notes manuscrites concernant des échanges d’horaires ou les disponibilités des employés. Cela m’a donné l’idée d’améliorer la situation. »
Jordan Boesch, 7shifts
Favoriser la rétention du personnel
Les plateformes comme 7shifts permettent aussi aux gérants de mieux contrôler le « cycle de vie des employés » dans un restaurant : l’embauche, la formation, les horaires et la rétention. Le secteur de la restauration a le taux de roulement des employés le plus élevé en Amérique du Nord, et cela a des conséquences pour les restaurants. « Les restaurants commencent à examiner de près le taux de roulement des employés et le coût induit dans la gestion globale. Perdre un employé peut coûter entre 3 000 et 5 000 $, et jusqu’à 20 000 $ quand il s’agit d’un cadre », fait-il remarquer. « Si 5 000 $ de viandes disparaissent de votre réfrigérateur, vous iriez probablement regarder les vidéos de surveillance. Et pourtant, les exploitants s’accommodent encore de voir un taux élevé de roulement des employés. »
« Avec 7shifts, le retour sur investissement est important, ne serait-ce qu’en permettant aux exploitants d’optimiser les horaires des employés », précise Jordan Boesch. Il ajoute qu’une partie des économies se fait en empêchant l’accumulation des coûts induits par les employés arrivant plus tôt que leur service. La plateforme permet aussi de réduire de 80 % le temps passé à composer les horaires. « Il retire au gérant la responsabilité de fixer les horaires et laisse les employés déterminer eux-mêmes leurs horaires de travail. Le gérant n’intervient que lorsque son approbation est nécessaire. »


Adoption des technologies
« Il est de plus en plus courant pour les restaurants d’utiliser les technologies », constate Jordan Boesch. « Le secteur du service alimentaire a été d’une manière générale lent à adopter les technologies, mais cela veut aussi dire que de nombreuses entreprises technologiques ont encore beaucoup à lui offrir. » Il pense que cette tendance va se poursuivre, parce que les jeunes restaurateurs et les jeunes exploitants entrent en poste. « Ils vont d’abord regarder les technologies infonuagiques. C’est une tendance enthousiasmante et elle va s’étendre. »
Alors que nous allons bientôt commencer l’année 2020, Jordan Boesch pense que c’est le bon moment pour penser à la stratégie pour les 12 prochains mois. « Songez à comment vous allez impliquer votre personnel et gérer le travail. Continuer à faire comme avant, c’est peut-être continuer à perdre de l’argent. »
Source: The Dish
Vous êtes embauché!
On voudrait que ce soit si facile. Cette phrase présume qu’il excite une réserve inépuisable de personnes compétentes, dynamiques, volontaires, et bien sûr expérimentées, prêtes à travailler en salle ou en cuisine. Malheureusement, dans les secteurs du service alimentaire et de l’hôtellerie, ce n’est pas vraiment le cas.
Selon le sondage de Restaurant Canada pour le troisième trimestre 2019, la main-d’œuvre conserve la tête de liste des problèmes des restaurateurs. «â€‰Huit sondés sur dix déclarent que le coût élevé de la main-d’œuvre a des conséquences négatives sur leur activité et 59 % font état d’une pénurie d’employés ».
Alors que de nombreux exploitants cherchent à réduire la voilure, à automatiser ou même à ne plus autant recourir à des employés (songez aux cuisines fantômes, aux établissements qui ne font plus que de la livraison ou des plats à emporter), d’autres doivent encore répondre aux défis des embauches.
«â€‰Les employeurs expriment leur frustration quand il leur faut trouver des candidats, s’assurer qu’ils se présentent à un entretien et arrivent à l’heure convenue le premier jour », remarque Jeff Dover, consultant principal de fsSTRATEGY inc., une entreprise qui propose sont expertise aux exploitants de service alimentaire et de l’hôtellerie. «â€‰Il y a un si grand nombre d’offres d’emploi que certains nouveaux employés travaillent une semaine, puis ne reviennent plus. Les employeurs doivent donc trouver des moyens de fidéliser les candidats dès leur embauche. »
La clé, c’est innover
Certains restaurateurs cherchent judicieusement à se tourner vers des moyens innovants pour trouver et retenir les talents. Fini le temps des CV papier et des entrevues laborieuses : il suffit d’examiner en ligne quelques courtes vidéos des candidats et les contenus qu’ils ont publiés pour que l’employeur se fasse en deux minutes une idée et sache si cela vaut la peine de le rencontrer, ajoute Jeff Dover. Et même si le secteur du service alimentaire n’abandonnera jamais complètement l’étape de l’entrevue qui permet à l’employeur de se faire une idée du comportement d’un candidat, de ses compétences en communication verbales et non verbales, de sa «â€‰conduite » et de son apparence, le processus d’embauche est actuellement en train d’évoluer.
«â€‰Un de nos clients organise actuellement ses entretiens d’embauche de cette façon afin d’évaluer efficacement l’entregent et la capacité à évoluer au sein d’une équipe de ses employés potentiels. »
David Hopkins, The Fifteen Group President and Restaurant Consultant
Séances de réseautage éclair
De nombreux employeurs du secteur de l’hôtellerie se déplacent pour participer à des salons de l’emploi. Durant ces événements de réseautage éclair, les dirigeants à la recherche de candidats en profitent non seulement pour embaucher du personnel compétent, mais aussi pour se constituer une banque d’employés potentiels.
«â€‰Participer à des entrevues groupées est un moyen efficace pour rencontrer et évaluer des candidats. Cela permet de se rendre compte comment ils interagissent avec les autres et se comportent au sein d’un groupe sans être soumis à la pression d’une entrevue individuelle », précise David Hopkins, président et consultant de The Fifteen Group. «â€‰Un de nos clients organise actuellement ses entretiens d’embauche de cette façon afin d’évaluer efficacement l’entregent et la capacité à évoluer au sein d’une équipe de ses employés potentiels. »
Utilisez les médias sociaux
«â€‰Si vous avez plusieurs postes à pourvoir, vous pouvez organiser un événement collectif d’embauche », ajoute David Hopkins. «â€‰Vous pouvez en faire part en le diffusant par un avis aux médias, sur un site d’emploi ou sur Facebook. Ce genre d’événement permet de faire circuler largement l’information sur vos offres de poste et donne l’occasion à votre équipe de rencontrer un large panel de candidats en une seule journée. »
Facebook constitue un outil d’affaires fiable pour toucher un plus grand nombre de personnes qu’un site d’annonces d’emplois. Instagram devient aussi un moyen répandu et attrayant (utilisez des images et des couleurs) pour recruter, notamment les candidats les plus jeunes.
Des bannières publicitaires affichées sur des sites choisis et des publications en ligne peuvent aussi faire savoir que vous souhaitez recruter du personnel. «â€‰Cette méthode vous permet de cibler les personnes qui ne cherchent pas activement un emploi ou ne consultent pas les sites de recrutement », précise David Hopkins.

La technologie est un précieux allié
Vous pourriez aussi utiliser des applications destinées aux pigistes. Selon David Hopkins, Staffy (https://staffy.com/). est une des solutions les plus utilisées. «â€‰Elles permettent de trouver le nombre nécessaire de pigistes pour des événements spéciaux ou même lorsque vous avez ponctuellement besoin de personnel supplémentaire. » Cette solution peut être une solution rentable pour trouver du personnel en cas de besoin.
Une entreprise (qui n’est pas un restaurant) a utilisé une idée originale. Exceldor, une coopérative de traitement des volailles titulaire de la licence canadienne de la marque Butterball devait embaucher rapidement du personnel dans son usine. Cet automne, ils ont installé dans un arrêt d’autobus un système de vidéo à distance. Il suffisait aux candidats potentiels de prendre le combiné téléphonique au-dessus duquel était écrit «â€‰Nous embauchons en direct. Décrochez. » Des entrevues rapides se tenaient sur place et les postes ont été pourvus.
Des amis bien utiles
Récemment, McDonald’s Canada, en collaboration avec l’agence publicitaire Cossette, a lancé une campagne innovante intitulée «â€‰Venez avec un ami » : les personnes intéressées étaient invitées à déposer conjointement leurs candidatures pour ensuite être embauchées et travailler ensemble. Cette démarche est particulièrement intéressante pour les plus jeunes employés du service alimentaire dont c’est peut-être le premier emploi. Cela permet non seulement d’embaucher, mais aussi en même temps d’attirer des employés potentiels.
Organiser des «â€‰embauches entre amis » n’est pas réservé aux grandes chaînes comme McDonald’s. C’est une stratégie qui convient aux établissements de toute taille.
Élargir sa cible
Pourquoi ne chercher à recruter que des jeunes? La cible des employés potentiels est plus large. De nombreux retraités encore très actifs et moins intéressés par l’argent sont prêts à travailler à des horaires flexibles et peuvent être d’une aide précieuse. De plus, ajoute Jeff Dover «â€‰Embaucher des personnes souffrant d’un handicap est de plus en plus répandu, et c’est important pour les entreprises. »
Quelle que soit votre démarche pour répondre à vos besoins en personnel, la flexibilité est un critère important, non seulement en ce qui concerne la personne que vous embauchez, mais aussi dans votre manière d’y arriver.